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Fables de Jean de la Fontaine
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Le Lion et le Moucheron
Le Lion et le Moucheron
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" Va-t'en, chétif insecte, excrément de la terre ! "
C'est en ces mots que le lion
Parlait un jour au moucheron.
L'autre lui déclara la guerre.
" Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi
Me fasse peur ni me soucie ?
Un bœuf est plus puissant que toi :
Je le mène à ma fantaisie. "
A peine il achevait ces mots,
Que lui-même il sonna la charge,
Fut le trompette et le héros.
Dans l'abord il se met au large ;
Puis prend son temps, fond sur le cou
Du lion, qu'il rend presque fou.
Le quadrupède écume, et son œil étincelle ;
Il rugit ; on se cache, on tremble à l'environ :
Et cette alarme universelle
Est l'ouvrage d'un moucheron.
Un avorton de mouche en cent lieux le harcelle :
Tantôt pique l'échine, et tantôt le museau,
Tantôt entre au fond du naseau.
La rage alors se trouve à son faîte montée.
L'invisible ennemi triomphe, et rit de voir
Qu'il n'est griffe ni dent en la bête irritée
Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.
Le malheureux lion se déchire lui-même,
Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs,
Bat l'air, qui n'en peut mais ; et sa fureur extrême
Le fatigue, l'abat : le voilà sur les dents.
L'insecte du combat se retire avec gloire :
Comme il sonna la charge, il sonne la victoire,
Va partout l'annoncer, et rencontre en chemin
L'embuscade d'une araignée ;
Il y rencontre aussi sa fin.
Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
J'en vois deux, dont l'une est
qu'entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;
L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire,
Qui périt pour la moindre affaire.

Le Lion et le Moucheron
Le Lion et le Moucheron


Version de Pierre Perret

Un roi du bel canto
Refusa de chanter en duo
Le grand vol du bourdon
Pardon.. du Moucheron
Avec un picador.
Voici ce qu'il advint: Alors, ce fut la guerre...
Ne nous y trompons pas, c'est pour le gros mastard
Que ce fut une galère !
Il se fit picouiller jusqu'au sang, jusqu'aux os
L'épée de son ennemi plantée dans les naseaux.
Quand le petit triomphe, il s'imagine qu'enfin
Il peut éternuer plus haut que son tarin.
Erreur Watson !
Car il se peut très bien
Qu'un autre minus passe
Et te cloque à son tour le pif dans la mélasse.


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